Poème de la pluie

Peinture originale/Elena Berti

Peinture originale/Elena Berti

Il pleut ce matin, interminablement. J’ai le temps. S’imposent les mots, l’écriture. Ce Poème de la pluie sera le premier d’Elémentaires, recueil poétique à écrire sur les quatre éléments aristotéliciens.

Poème de la pluie

Il pleut c’était annoncé il pleut je l’ai d’abord entendu j’ai ouvert les volets de la chambre ceux de la terrasse ceux de la cuisine essuyé les pattes du chien

J’ai mis des sabots de caoutchouc pour aller lui ouvrir le portail sa voiture a roulé dans la flaque traditionnelle les yeux ouverts j’ai retraversé le jardin pensant tout haut mes premiers mots d’un poème de la pluie

Bien sûr je les ai immédiatement oubliés mais j’en ai empruntés d’autres qui étaient là

J’avais lu dès le réveil ceux d’une amie évoquant l’éternité de la pluie la pluie qui ce matin tombe régulière douce fraîche pleine semblant résolue à ne jamais finir

Mais ce n’est qu’une idée une simple idée une pure idée peut-être à l’origine du Déluge idée enfouie dans notre tréfonds mémoriel substrat d’humanité mêlant la bête le sang l’amour les mots

Il pleut à n’en plus finir je sais comme tout un chacun qu’il n’en est rien il pleut à n’en plus finir et l’eau coule sur ma peau je la sens dans mon dos sur mes mains mes chevilles l’eau coule bruit ruisselle densifie le vert des feuillages et de l’herbe

Le sentiment insiste devient têtu il pleut de toute éternité il pleut toute une éternité toute une éternité de pluie s’écoule et retourne au cœur de toute terre en notre cœur commun battant le temps et l’âme

Ce contenu a été publié dans Uncategorized, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.