Roland Nadaus/Idée de la poésie XXII



Roland Nadaus, Dans l’œil d’Anthoine…

Sans le savoir jusqu’à me lire, Roland Nadaus enjambe le vide qui m’a vu flotter un peu nulle part depuis deux ans, deux ans et la mort de mon père. J’ai fait cet été ce qu’il attendait. Je peux désormais construire à nouveau demain.

Construire demain, Roland pardonnez-moi, cela a pris bien trop longtemps et sans attendre donc je vous laisse la parole pour votre Idée de la poésie, la XXIIe, celle du retour… OB

Plutôt qu’un autoportrait : une carte de visite à la Maurice Fombeure :

Roland Nadaus
poètécrivain
chevalier de la Légion d’honneur
chevalier de l’Ordre national du mérite
officier des Arts et Lettres
officier des Palmes académiques
médaille d’or de la Jeunesse et des sports
maire honoraire de Guyancourt
ancien conseiller général des Yvelines
ancien président de Saint-Quentin-en-Yvelines
Grand prix de l’académie de Versailles et d’Île-de-France « pour l’ensemble de son œuvre »
Membre de l’Union des poètes et compagnie
de la Maison des écrivains et de la littérature
sociétaire de la SGDL
etc.
Abonné au gaz
à l’électricité
à l’eau publique
à Internet
à de nombreuses revues de poésie
etc.
–Survivant à soi-même–.

Idée de la poésie

Je n’ai pas une idée particulière de la Poésie : je sais seulement que sans elle je n’aurais pas pu supporter ni porter ma vie publique. Ma vie militante peut-être, mais la poésie l’a soutenue et souvent même inspirée. Quant à ma vie politique et publique –qui a dévoré les trois quarts de ma Vie–même si je n’en regrette rien (que le désarroi amer devant ce qu’il se passe aujourd’hui) –elle aussi a été fondamentalement fondée sur ma vision poétique du monde : cela peut paraître grandiloquent mais je ne trouve pas d’autres mots.
D’ailleurs le plus grand compliment que j’ai pu recevoir sur ce terrain, c’est celui d’un grand urbaniste étranger qui me déclara : « On voit bien que le maire de Guyancourt est un poète ». Cette reconnaissance-là m’a touché autant que celle de mes concitoyens qui pendant 31 ans m’ont fait confiance pour bâtir notre Ville Nouvelle. J’aurais mille anecdotes à raconter, y compris des pires quand, par exemple, on m’insultait parce que « un poète ne peut pas être un bon maire » et que, à rebours, on m’insultait encore parce que « un vrai poète ne peut pas être écharpé de tricolore »… mais il eut pire, encore pire, jusqu’à la blessure corporelle.
Heureusement quelques éditeurs, des lecteurs, des poètamis, m’ont toujours conservé leur estime et parfois même leur affection. La vie politique est un champ de bataille que même la Croix-Rouge n’ose pas fréquenter… et quand on dépasse un peu le terrain local c’est carrément une curée –mais souvent secrète. Longtemps la Poésie m’a servi de Foi. Puis la foi m’est revenue comme une résurgence de rivière enfouie. Et l’une depuis accompagne l’autre. Concrètement : on nomme cela parfois « poèmes ». L’une me tient par la main gauche, l’autre par la droite –et mes poèmes sont des pas : tantôt je marche bien, tantôt je bancale… mais j’ai toujours voulu « que mes mots aient des mains » et vice versa : et si j’étais un poète manuel ?
Au fond, peut-être que la Poésie, pour moi en tout cas, relève de l’Absolu ? Mais un absolu incarné. Dans la vie et la parole de mes frères et sœurs en humanité.

Poème inédit

Ce poème, inédit donc, a été écrit à la demande d’un anthologiste africain. Qui l’a censuré ! Gabriel Okoundji, à qui il est dédié, en a été autant meurtri que moi : c’est ce qu’il m’a écrit. Devinez pourquoi en le lisant :

LE POÈTAMI AFRICAIN

à Gabriel Okoundji

J’ai si longtemps marché
avec mes ancêtres
que je leur parlais
comme s’ils étaient vivants

–Et ils l’étaient !–

Ils marchaient même
plus vite que moi
ayant la Mort déjà
derrière eux

–Et moi ma mémoire en avant !–

Avec eux j’ai marché
jusqu’à l’Afrique africaine
pas celle des cartes postales
ni des potentats corrompus

–Mais l’Afrique de la Vie !–

Un soir mon sac posé
près de la tête d’un poètami
Congolais d’Occitanie
j’ai fait bagage de ma parole

–Et la lui ai donnée à jamais… –

Roland Nadaus

Biobibliographie

Brève notice :

Poète, romancier, pamphlétaire, conteur, Roland Nadaus a publié sous son nom une soixantaine d’ouvrages. Il collabore à de nombreuses revues en France et à l’étranger et figure dans plusieurs anthologies. Il a aussi bâti une ville dont il fut élu 31 ans, et où il a créé une Maison de la Poésie (Guyancourt/St—Quentin-en-Yvelines) qui vient hélas d’être fermée après 13 ans d’activité intense…. Il a animé une émission mensuelle sur RCF pendant ces six dernières années : « Dieu écoute les poètes », collabore à plusieurs revues francophones et est présent dans de nombreuses anthologies de poésie. Les plus récentes : « Poésie de langue française » (Jean Orizet, Le Cherche Midi) ; « L’insurrection poétique, un manifeste pour vivre ici » (Bruno Doucey) ; « Charlibre » et « L’insurrection poétique » (Corps-Puce). La revue Poésie sur Seine lui a consacré son n° de décembre 2015. Radio Occitania lui a consacré une émission complète en juillet 2016.

Prix international de poésie Antonio Viccaro (« Prix des 3 canettes ») décerné lors du Marché de la Poésie de Paris en relation avec le Festival International de Trois-Rivières (Québec) dont il fut l’invité. Grand Prix de l’Académie de Versailles et d’Ile-de-France « pour l’ensemble de son œuvre ». Officier des Arts et Lettres. Chevalier de la Légion d’Honneur. Officier des Palmes Académique. Abonné au gaz, à l’électricité, à l’internet, au téléphone et…à l’espérance.

Dernières parutions : « D’un bocage, l’autre » (Editions Henry)
« Un cadastre d’enfance –et quelques-unes de ses parcelles » (Ed. Henry, réédition)
« Vivre quand même parce que c’est comme ça » (Ed. Gros Textes, réédition)
« Pour le réalyrisme », manifeste-pamphlet (Corps-Puce éditeur, réédition)
« Loup Gouloup et la lune » (Bayard ; 4èmè édition)

Adresse électronique :

roland.nadaus@wanadoo.fr

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